Sortir de la soumission aux banques…

Chers amis, chers camarades

Nous sortons de la campagne interne des investitures pour les prochaines législatives de 2012.

Et c’est très bien que cette étape soit close.

Ceci va permettre d’installer au cœur de la campagne les sujets de fond.

Dont celui de la souveraineté monétaire.

Je suis toujours surpris de voir que les modalités de financement de l’État et des institutions publiques ne soient pas au cœur de nos préoccupations, pour ne pas dire de notre révolte.

Alors que c’est un des aspects fondamentaux du coût de la dette publique.

Avant 1973, le financement de l’État et d’autres institutions publiques se faisait, directement, auprès de la Banque de France.

Moyennant quoi, ce type de prêts n’occasionnait pas de coûts sous forme d’intérêts à payer puisque la Banque de France appartient à l’état.

Après 1973, va s’appliquer la loi du 2 janvier 1973.

Cette disposition légale, prise par le gouvernement en place, va interdire à l’État de se financer directement auprès de la Banque de France.

Dans ces conditions, la Banque de France va perdre ce que l’on appelle: la création monétaire.

Désormais, l’État va être obligé de se financer auprès des banques privées aux taux des marchés.

Au final, les banques privées vont  créer de la monnaie, se financer  à des taux bas, et prêteront ce même argent à l’État à des taux plus élevés.

Le différentiel entre les taux génère des profits qui vont enrichir les banques.

C’est une des  premières victoires du néolibéralisme  : le début de la  soumission des États au système bancaire.

Dans les faits, cela revient à ponctionner dans les ressources de l’État.

Ce en quoi, l’État va être obligé de compenser cette perte de ressources par une augmentation des impôts.

Et la boucle est bouclée.

Par ce tour de passepasse, les contribuables sont mis à l’amende pour le profit des banquiers.

À partir de cette période, dès 1974, on observe un accroissement de l’endettement de l’État, et une augmentation des impôts, avec une corrélation des deux courbes.

Les principes de cette Loi de 1973 vont être repris dans le Traité de Maastricht du 7 février 1992 (article 104) puis dans le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 (article 123).

Actuellement, les banques privées  se financent  auprès de la BCE à 1 % et prêtent aux États à 3,4,5 voire 10 %.

Pour la France, la charge de la dette c’est-à-dire le montant des seuls intérêts versés est de l’ordre de 40 milliards.

Au même moment, le montant de l’impôt sur le revenu est de 45 milliards d’euros.

On voit que la charge de la dette absorbe près de 90 % de l’impôt sur le revenu des Français imposables.

Jusque-là, vous pensiez que vos impôts servaient à financer des projets bénéficiant à la collectivité, désolé de vous le dire : vous pensiez faux.

Cette situation pose de multiples questions.

Quel est l’intérêt, pour la collectivité, de prolonger cette aberration ?

Peut-on conduire une politique de redressement national, d’investissements publics, sans maitrise de la création monétaire?

Pourquoi cette réforme n’apparait-elle pas comme centrale au cœur des programmes de la gauche ?

À l’évidence, ces ressources qui vont dans les profits des banques pourraient servir au financement des retraites, de la santé, et bien d’autres objectifs servant l’intérêt commun.

Certains pensent que la banque publique est la réponse à cette question, bien.

Mais, comment sera financée cette banque publique ?

Réponse: auprès de l’État, qui  continuera lui-même à se financer auprès des banques privées.

Il est où le changement sur le fond?

Il faut mettre un terme à cette spoliation organisée.

Une aberration faite par la loi peut-être corrigée par la loi.

Une révolte par les urnes est nécessaire.

C’est la seule façon d’obliger au vrai changement.

Voilà, un des éléments du débat à faire partager pour cette présidentielle.

Il y en a d’autres, nous y reviendrons.

En attendant, regardez cette vidéo.

 

Bien amicalement

Romain NOUAR