Chers amis, chers camarades
Il me semblait que nous avions tiré les leçons du milieu des années 80, je veux dire 1983 pour être plus précis.
Avec la fameuse “pause dans les réformes” et “la politique de rigueur”,ce qu’il faut bien qualifier, avec le recul, de virage à droite.
Il me semblait, également, que nous avions pris conscience des conséquences du oui au traité de Maastricht (1992), et du oui au traité constitutionnel(2005).
Avec la domination de l’ordre néolibérale : libre-échange, libre-circulation des capitaux, Euro fort, article 123.
Il me semblait, aussi, que nous avions fait le point sur la troisième voie du socialisme selon Blair, Schroder, et Zapatero.
Avec le constat d’échec de leurs politiques d’accompagnements: régression sociale, délocalisations, aggravation des inégalités salariales.
Il me semblait que l’adversaire était, enfin, désigné par François Hollande au Bourget : la finance dérégulée.
Mais voilà, il faut séduire les véritables détenteurs du pouvoir en Grande-Bretagne: “La City”.
Comment et pourquoi?
Comment?
En déclarant, messieurs les financiers de la City n’ayez pas peur : “Aujourd’hui, il n’y a pas de communistes en France ou pas beaucoup”.
Autrement dit, messieurs les financiers de la city n’ayez pas peur: “La gauche qui revient n’est pas celle de 1981, mais bien celle d’après 1983″.
Ce qui sous-entend, on ne remettra pas en cause le capitalisme financier transnational en général, et anglo-saxon en particulier.
Faut-il rappeler que les communistes avaient successivement dit : “non” à la politique de rigueur en 1983, “non” au traité de Maastricht en 1992, “non” au traité constitutionnel en 2005.
Pourquoi?
Parce que le combat contre le néolibéralisme est resté verbal, il n’a pas été véritablement “ intériorisé”, comme il devrait l’être.
Pourtant nous savons que sans un projet explicite visant à la sortie de ce système, rien ne sera possible.
Pour ma part, avec beaucoup d’autres, je défends ce point de vue depuis des mois sur ce blog.
C’est là une question de fond à régler, à froid, maintenant.
Sinon, la gauche au pouvoir sera contrainte de régler cette question, à chaud, sous peine de sombrer définitivement.
Au-delà de ces commentaires, que m’inspire cette situation?
Deux réflexions.
La première, si les communistes sont moins nombreux qu’en 1981, il n’y a pas matière à s’en féliciter mais plutôt à le déplorer.
La bonne santé de la gauche passe par la bonne santé de toutes ses composantes.
Les communistes votent en France, pas le Guardian, ni la City.
La seconde, le Front de gauche n’est peut-être pas dans les sondages au niveau qu’il mérite.
Cette situation n’autorise pas l’arrogance.
Elle ne peut pas être ressentie comme une solution.
C’est au contraire un problème.
Un front de gauche haut est une garantie de mobilisation populaire, et l’assurance d’un ancrage solide à gauche.
Jean-Luc Mélenchon a fait un vrai travail de fond sur le plan idéologique.
Travail qui contribue à la réhabilitation de la gauche auprès des classes populaires.
Pour ma part la question du choix ne se pose même pas : nos alliés sont au Front de gauche, la City je m’en …
En attendant, regardez cette vidéo !
Intervention de Jean Ortiz, Maître de conférence à l’université de Pau
yannick Langrenez a dit:
Tu as raison Romain. Y’en à marre de cet façon de faire. Y’en a marre de cette façon de draguer un coup les anticapitalistes, un coup la city. Je pensais voter utile à défaut de me reconnaitre dans le candidat socialiste, le candidat des socialistes. maintenant plus qu’au début de la campagne, je doute. Ou plutôt, je suis sûr que c’est là un choix honteux, de ceux que l’on fait en douce, sans le revendiquer, sans l’assumer publiquement. Je revois mes engagements dans ce parti qui est prêt à accepter l’inacceptable pour ça, pour seulement ça.
C’est plus facile de faire comme eux, en fermant les yeux…
romainnouar a dit:
Bonsoir Yannick,
Content d’avoir de tes nouvelles.
Bien, à te lire, je vois que tu chauffes.
Selon moi,tu le sais, il faut tenir à l’intérieur pour faire évoluer les choses.
Tu seras plus utile dedans que dehors.
Il est vrai que c’est rageant de voir ce jeu de dupes avec tous ceux qui ferment les yeux.
Je suis convaincu que c’est sous l’effet de l’échec de la politique programmé que s’imposera ” la politique de gauche”.
Une sorte de1983 à l’envers.
Surtout que l’Euro est dans la seringue.
Tiens bon camarade-compagnon !
Amitiés
Romain